Par Joël Poujade, président de la Société Archéologique et Historique de la Mayenne.
Le bourg est à l’Ouest de l’axe Château-Gontier / Laval. Anciennement connue sous les noms de Sancti Germani de Ulmo (Saint Germain de l’Ormeau) puis de Saint-Germain-de-l’Hommeau. La paroisse est réunie à celle de Fromentières à la Révolution et rétablie en 1844 avant de disparaitre de nouveau. Sa population varie de 167 habitants en 1793, à 132 en 1906 dont 40 dans le bourg.
Au 17e siècle, un tiers de la paroisse est en landes et un dixième en vignes. Le reste se partage entre terres labourables, pâtures et prés avec très peu de bois.

Il y avait une école mixte établie dans les années 1870. (Elle a fermé en 1921 avant de rouvrir quelques années après la seconde guerre mondiale)
La paroisse abritait un prieuré de l’ordre des chanoines réguliers de St Augustin. L’abbé de l’aumônerie de Toussaint d’Angers était présentateur. Au fil du temps, elle est souvent décrite comme étant d’une grande pauvreté.
La dîme était répartie entre le chapitre du Mans et la seigneurie de paroisse de la Rongère. Selon la coutume de Fromentières, la troisième gerbe était prélevée.


L’église est mentionnée au 13e siècle sous le vocable de Saint Germain d’Auxerre.
La nef du 12e ou 13e siècle présente de petites ouvertures à claveaux indépendants. Le chœur date du 15e siècle et au 16e siècle, elle est augmentée de deux chapelles formant transept. Dans celle située au sud et dédiée à sainte Amélie, l’arcade est en plein cintre décorée d’ornements de style flamboyant, la clé de voûte est ornée des armoiries des Montecler, de gueules au lion d’or couronné et lampassé de même. La chapelle nord, un peu plus tardive, possède une voûte divisée en deux, chacune à huit nervures. Sur le côté nord de la nef, une porte latérale présente une double arcade en plein cintre en pierres de taille de roussard. Des fenêtres encadrées de pierres de taille sont ouvertes au 18e.
Le clocher-porche est ajouté en 1860 par le curé Godeau sur un projet de son prédécesseur, Boutruche et sur les plans de l’architecte Fouilleul de Château-Gontier.

Les vitraux sont réalisés par les ateliers Champigneulle de Bar-le-Duc. Le vitrail axial offert par le marquis de Chavagnac en 1878 est sur le thème de la Trinité. On y voit également le portrait du pape Pie IX, les armes des Chavagnac de sable à trois fasces d’argent accompagnées de trois roses d’or en chef.
Le 19e siècle voit se succéder des chantiers. Ainsi le curé Gazeau fait faire des travaux assez contestables comme la suppression des retables adossés à l’arcade, l’élargissement de celle-ci, la suppression d’entraits et le chœur plafonné en plâtre. La voûte lambrissée et le devant d’autel du 18e siècle disparaissent un siècle plus tard.
En 1901, l’église est profanée le 2 mars (vol, profanation des hosties) et réconciliée le 10 du même mois selon les modalités requises en tel cas.
Le 20e siècle voit disparaître les enduits intérieurs ; le tableau sur Isorel de Gruer derrière la chaire à prêcher pourrait masquer un décor peint épargné.
Cet édifice est encore riche de mobilier. Un banc seigneurial est reconnaissable à son décor à plis de serviette. Dans le retable Sud, la statue de sainte Amélie réalisée par Théophile François Bra ressemble à celle de l’église parisienne de la Madeleine ; copie ou modèle ? La statue de saint Jean-Baptiste (fin 14e s.) a été restaurée en 2020
Le presbytère est bâti par le curé Bauné en 1751 comme l’indique la mention sur un claveau de l’entrée : PUL 1751 CHER, jeu de mots entre Pulcher et Beau-né.
